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 Hervé Sentucq, comment habitez vous ....l'auto-édition?

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sylvie
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MessageSujet: Hervé Sentucq, comment habitez vous ....l'auto-édition?   Mar 09 Sep 2008, 21:51

Comme nous vous l’avons mentionné le but de Marguerite au 100 talents ou de Lettres de sable c’est de favoriser l’échange, la rencontre.

Le signe demandé est aussi l’espoir d’un retour bien différent d’une simple recherche de reconnaissance…qui s’il nous fait bien sûr plaisir, s’il nous permet de nous situer en terme de qualité et d’impact, s’il nous encourage à continuer…nous offre aussi la possibilité de commencer d’autres dialogues, un peu en ricochet à notre sous-titre de l’enveloppe-livre, comment habiter la nuit ? …et bien …

Comment habitez-vous l’auto-édition ?


Cette question nous l’avons posée à un photographe nomade, Hervé Sentucq, rencontré à l’occasion du projet Lettres de sable. Rencontre par sites interposés, avec l’aide d’Emmanuelle qui travaillait cet été à la librairie Canazzi. Rencontre par photos exposées à la Citadelle de Bastia, rue de l’Evêché, chez Coup de Soleil.

Pour ceux qui ont lu Lettres de sable, voilà en cohérence un premier témoignage... comme un clin d’œil à la photo de l’homme errant …ou à quelques écritures un peu nomades qui parcourent l’enveloppe-livre car notre artiste se présente lui-même
« actuellement nomade (vivant dans mon fourgon et parcourant des coins de nature français) »

Voilà les présentations sont faites, je vous laisse avec ce témoignage d’Hervé Sentucq ...et sûrement que citadelle nous fera une présentation à l'occasion d'un topic sur le style des photos prises par notre nomade qui ne regarde pas le monde par le petit bout de la lorgnette...mais plutôt en panoramique pour ...de l'espace...nous ramener à l'essentiel:

Hervé Sentucq:

" Que dire ?

Cela est bien difficile de répondre sans connaître ce que vous avez fait.
Mais ce qui est quasiment "loi" dans l'édition, tout ce qui est petite édition est voué à disparaître car toutes les portes se ferment à eux. Dans un Etat ou toutes les libertés sont sans cesse réduites, il s'agit de faire taire ceux qui pensent autrement et pourraient faire réfléchir les cerveaux (cerfs veaux...)

C'était difficile d'être publié, puis cela a été difficile d'être diffusé, désormais même les fnacs ne prennent plus les indépendants (ou alors c'est qu'il reste quelqu'un prêt a prendre le risque d'être réprimandé).

Faire du gratuit ?

Alors la je ne sais quoi penser. Car pour moi le gratuit est l'arme des puissants. A Paris, les journaux gratuits fleurissent afin de faire couler la concurrence moins fortune.
En photographie, les nouveaux décideurs, tout droit sortis de leur école de marketing, avec les dents qui rayent le parquet et une inhumanité triée sur le volet n'attendent que ça. Mettre en concurrence tout le monde en se moquant des barèmes.
On fait travailler les amateurs sans les rémunérer. Qu'importe la qualité, ce qui compte c'est de manipuler les gens et en pouvant obtenir tout presque gratuitement, faire plier les pros qui essaient de se regrouper pour tenter de freiner la chute terrible de leur rémunération.

Donner autour de vous, ok, mais utiliser les filières qui permettent a ceux dont c'est le seul revenu de "survivre", c'est porter un coup bas. Tous les domaines, même la pub, ont utilisé la méthode : "j'obtiens gratuitement des photos d'un amateur en lui faisant croire que ça lui fait de la pub et en jouant sur son orgueil" et à chaque fois cela se solde par la disparition pure et simple des acteurs consciencieux qui n'hésitaient pas a travailler 70h par semaine pour 500-750 euros de rémunération par mois.


Donner dans une filière commerciale c'est jouer leur jeu qui consiste à se moquer de la rémunération d'un travail artistique ou culturel (devenu inutile dans notre société).
Le gratuit oui bien sûr dans les bibliothèques, les centres sociaux, le public, les écoles, les réunions de quartiers, les centres pour jeunes, etc.

Quelle édition?

- rejoindre un petit éditeur passionné, spécialisé dans un domaine (livres d'histoire, sociologie...) qui lui-même passe par les réseaux de librairies indépendantes. Mais à ma connaissance la diffusion devient sans cesse chaque jour plus difficile. Cela étant dit, c'est bien sûr c'est la première voie à explorer, celle qu'il faut privilégier. Un auteur n'a généralement pas les compétences pour la relecture de son manuscrit, le suivi de la réalisation jusqu'à l'imprimerie...
- aller dans une "niche", un domaine épargné par le rouleau compresseur de l'imond-ialisation, i.e. faire des livres pré-achetés pour des institutions publiques (mairie, departements, hopitaux...) ou pourquoi pas des organismes privés.

Il faut garder à l'esprit deux aspects importants. Cette aventure doit rester un plaisir et ne pas nous rendre aigri. Passer par exemple par un petit éditeur permet d'avoir un soutien tout au long des étapes. Ou pré-vendre des livres rassure financièrement et permet de se consacrer parallèlement a la vente dans des réseaux de diffusion moins évidents.

Il y a aussi bien sûr ceux qui diffusent leurs livres dans des projections-rencontres, le nombre de festivals et foires est tout bonnement hallucinant en France, preuve qu'il reste du temps avant de voir disparaitre les "independants". Ceci étant, c'est a l'arraché, il faut avoir l'âme "itinérante".

Pour ma part, réalisant des livres textes et photos, classés et rangés dans la catégorie "tourisme", ma tâche est plus simple. Je ne vends pas de livres sur la vie des "chevaliers-paysans pres du lac de Paladru en l'an 1000" ou sur "la fabrique de l'impuissance". Bien sûr c'est difficile de faire un livre de A a Z (sauf l'impression malheureusement) mais mon domaine me """facilite""" la tache. Je n'ai par contre aucune recette, je teste toutes les pistes. Mais mon expérience est propre à mon domaine hyper précis que très peu d'auteurs auto-édités tentent à cause du coût d'impression de ce genre de livre.

Cependant, pour citer un exemple d'auteur ayant emprunté cette voie, j'ai acheté récemment en passant dans le languedoc roussillon, un livre magnifique auto-édité "Hérault du Nord". Les auteurs, l'association "Edith & Moi" Chapieu 38390 Charette (Isère) contact@eithetmoi.org, www.edithetmoi.org ont réalisé un travail très original et doivent certainement aller au charbon pour le diffuser avec leurs petit bras.

www.homnispheres.com dans le domaine des petits livres engagés me fait beaucoup reflechir.


Comment diffuser une idée, une oeuvre ?

Deux solutions actuellement :
Passer par les regroupements de librairies indépendantes, traiter avec elles, elles sont prêtes a discuter et écouter, elles proposent la différence.
Diffuser soi-même localement dans un petit périmètre, mais il faut beaucoup de temps et accepter peu de retombée donc une vie minimaliste, sauf a être rentier bien sur, solution aussi amplement valable.

D'autres solutions ? Je cherche depuis un moment et n'ai rien vu qui marche. Tout ce qui est proposé ne vise qu'à exploiter la manne de tous ces écrivains errants prêts à essayer toute solution pour sortir de l'ombre. Pensez au Klondike, à la ruée vers l'or, aucun chercheur d'or n'est devenu riche, seulement les vendeurs de pelles et tamis et aussi les salles de jeux et de beuveries. La société est ainsi faite, on entretient le rêve et on plume les agneaux (façon de parler ) Alors attention, des tas de pièges parsèment le chemin.

Ayant peu d'information sur votre travail, je réponds peut être complètement à côté ?
Alors prenez plutôt mon mail comme un état d'âme sur cette activité d'auto-éditeur.

Actuellement je réalise un livre pour un éditeur anglais. J'ai toute liberté pour les images et le texte. Mais j'ai négocié pendant 12 mois et demi les conditions du contrat, demandant l'annulation des clauses pièges, modifiant des paragraphes juridiques compliqués pouvant être dangereux en cas de problèmes d'ententes.

Résister se conjugue au présent a dit Lucie Aubrac
Alors cherchons à trouver de nouveaux moyens de résister en effet, bonne quête et bonne réussite j'espère

Comme Bourdieu l'a dit, tout ce qu'il y a de plus intéressant à lire ne se trouve pas chez les gros éditeurs mais dans des toutes petites éditions. Cela a toujours été comme ça. Ce qui contrôle le pouvoir contrôle ainsi le passé, les traces. Se référer au passé sans prendre de précaution c'est voir le monde tel que le rêve les puissants et les riches, donc autant dire ne rien voir du vrai monde, de ses préoccupations et de ses besoins fondamentaux.

Je vous conseille le site d'Esteban www.guidaltern.org qui travaille à faire connaître (dans des petits livres pas cher, 10 euros) tout ceux qui se battent pour un autre monde plus humain et écologique.

Pour ma part, j'essaie de devenir décroissant afin de me libérer toujours plus de temps pour la flânerie, le rêve, la disponibilité (je ne suis pas très fort dans ce domaine), l'échange. Sans temps libre pour tout ça, vit-on ? Peut-on se trouver soi-même, apprendre à se connaître ? Je suis horriblement pessimiste pour l'avenir. La seule solution pour lutter contre la logique financiariste du monde serait le rassemblement du peuple pour discuter de l'essentiel. Mais avec le contrôle des médias, l'augmentation du temps d'écoute télé... comment ne pas croire a l'arrivée prochaine de Big Brother et du monde de "1984".

J’ai un site où vous pouvez voir mes photographies. Pour flâner et rêver. Tout cela disparaît, se réduit. Béton, enseignes publicitaires, nouvelles constructions moches et énergivores empiètent sur les derniers espaces de beauté propres à favoriser l'introspection et voir surgir la volonté de se battre pour des projets.

Bonne suite et tenez moi au courant bien sûr"

_________________
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