Sujet: Vaches de Frédéric Boyer Mer 23 Jan 2008, 14:28
Pour inaugurer cette nouvelle rubrique on ne pouvait commencer que par ce livre de Frédéric Boyer, Vaches, paru aux éditions P.O.L. Une dédicace spéciale à notre amie Jazzy héhé.
Des petits extraits :
Une vache ne se mord jamais la queue. Une vache se borne au fini, à l’insistant et chatoyant fini. Elles auraient pu au moins nommer la couleur verte. La couleur inachevée des prés synonyme de leur existence. Mais après tout elles ne se nommaient pas ni ne nommaient le monde. Les vaches nous regardaient longtemps avec l’obstination des empires perdus. Les yeux de vache sont fais non pour que l’univers puisse voir ce qui se passe à l’intérieur des vaches mais pour que l’on voie dans les yeux des vaches le vaste et cruel univers ( p.45).
Une vache ne mange pas ses semblables. Une vache ne tue pas une vache. Ni père ni mère. Une vache n’adore pas des idoles. Une vache ne désire pas la femme d’autrui. Une vache ne vole rien à personne (p.46).
Les vaches ont des robes pleines de ronces et de fleurs et de poudre des champs. Elles ne savent rien de l’exception terrestre sous les étoiles. Rien de l’exception de notre vie banale dans l’univers féroce toujours plein de notre cruelle errance avec dans la paririe tant de victoires perdues ( p.9) _________________